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Comment la résidence de Chelsea Manning dans une installation militaire affectera sa transition M2F ? Profondément, parce que qu’en ce qui concerne les questions d’ordre médical de genre et d’identité, la prison et la culture militaire ont encore un long chemin à parcourir. En fait, la résidence de Chelsea dans une infrastructure militaire, plutôt que civile, rendra sa transition encore plus difficile. Ci-dessous, j’ai traduit et synthétisé un aperçu du traitement que Chelsea sera susceptible de recevoir en purgeant sa peine.

Thérapie hormonale : Peu probable. Selon son avocat, Manning, qui a rendu publique sa décision ce matin de changer son nom en Chelsea et de vivre comme femme, espère obtenir une thérapie hormonale tout en séjournant à Fort Leavenworth au Kansas, une demande que la prison militaire a déjà refusé. Bien que les détenus transgenres dans des installations civiles reçoivent souvent un traitement hormonal – la politique du Bureau des Prisons est d’administrer des traitements à ceux qui ont reçu un traitement avant l’incarcération – la demande de Manning pour l’hormonothérapie durant son séjour à Fort Leavenworth sera probablement refusée. « L’armée n’assure pas de traitement hormonal ou de chirurgie de changement de sexe pour le trouble de l’identité de genre », a déclaré mardi 20 août 2013 Kimberly Lewis, la porte-parole de la prison militaire avant que Manning n’ai fait sa déclaration officielle.

Dans une déclaration du 22 août, l’American Civil Liberties Union suggère que le refus de soins de Manning « soulève de graves préoccupations constitutionnelles ». (Comme la déclaration l’explique les tribunaux ont jugé que de ne pas fournir les soins médicaux nécessaires pour le traitement de la dysphorie de genre viole le 8e amendement de la Constitution, c’est à dire le fait d’exercer un châtiment cruel et inhabituel.) « Là où les détenus ont été privés de soins, les tribunaux ont dit que c’était anticonstitutionnel » a déclaré Jennifer Levi, directrice du Transgender Rights Project de Gay and Lesbians Advocates and Defenders. Levi ajoute : «Le fait qu’il s’agit d’une prison militaire ne dispense pas le gouvernement de sa responsabilité de fournir des soins médicaux adéquats. »

Chirurgie de réassignation sexuelle : hautement improbable. Bien que Chelsea Manning n’a pas encore demandé un changement de sexe, et que son avocat déclare qu’il ne sait pas si Manning veut le faire, il est peu probable que les fonctionnaires lui donne même l’option : malgré les décisions pour permettre aux détenus de recevoir la chirurgie, aucun détenu n’a jamais fait l’objet d’une telle procédure alors qu’il purgeait une peine, selon NBC News. Il est encore moins susceptible de se produire dans un établissement contrôlé par l’armée comme Leavenworth. L’armée précise qu’elle ne prévoit pas « la chirurgie de changement de sexe pour le trouble d’identité de genre » et ni même la Veterans Association ne fournira la chirurgie, même si elle fournit des traitements médicaux pour les besoins transgenres, comme l’hormonothérapie.

Réaffectation dans une prison pour femmes : Peu probable. Certains se demandent si le changement de sexe de Manning sera suivi d’une réaffectation dans un établissement pénitentiaire militaire féminin. La réponse ? Probablement pas. Malheureusement, les prisons placent « habituellement » les détenus dans les unités en fonction de leur sexe de naissance, selon NBC News et The National Center for Lesbian Rights. (À prendre pour ce que cela vaut, le United States Disciplinary Barracks déclare qu’il existe des procédures pour protéger Manning et les autres détenus transgenres contre la violence et les mauvais traitements, affirmant dans un communiqué que «Le USDB a mis en place des protocoles d’évaluation des risques et des procédures de sécurité pour traiter les facteurs de hauts risques identifiés par le, Prison Rape Elimination Act, Loi sur l’Élimination du Viol en Prison. »)

Traitement psychologique : Probablement. Même si Manning n’obtient pas les hormones qu’elle demande, l’armée américaine a réaffirmé qu’elle fournit des services psychologiques pour tous les détenus. « Tous les détenus sont considérés comme des soldats et sont traités comme tels avec accès aux professionnels de santé mentale, dont un psychiatre, un psychologue, les travailleurs sociaux et les sous-officiers spécialisés dans les sciences du comportement ayant de l’expérience pour répondre aux besoins des militaires en confinement pré et post procès »a encore déclaré le porte-parole de Leavenworth, Kimberley Lewis.

«Je ne pense pas que les gens comprennent ce que la thérapie hormonale signifie » a déclaré Lauren McNamara, une femme transgenre qui a témoigné pour la défense de Manning. « Il s’agit du meilleur médicament anti-dépresseur, anti-anxiété que je n’ai jamais reçu. Refuser aux gens l’accès à ce traitement juste parce qu’ils sont en prison, c’est tout simplement inhumain. »

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