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Je perds mon souffle, ma parure tombe au sol et la nudité m’anime.

Dans une pièce vide gardant les marques des meubles retirés,

mes idées se réduisent à des maux sans acquéreur.

Elles s’engouffrent en moi et je les absorbe comme une tigresse maigre,

je me renifle, je me lèche, mais plus d’odeur ni de goût, juste l’avidité.

J’aimerais retrouver ma chair, qu’elle tremble encore, comme une peau de lait contre le corps qui l’effleure.

J’aimerais que le plaisir recouvre tout.

***

Je danse devant toi, au milieu d’ombres de velours.

Mon corps, dominé par ces longues étoffes, rend cruelles leurs courbes dévorantes qu’il caresse.

Tu voudrais l’adorer, et tu envie cette trainée de sueur, qui en glisse le long, avant d’être avalée.

Elle te donne la soif d’une bête en plein mirage. Le désir nous crève, nos sexes le manifestent,

on pourrait les entendre gueuler comme des brutes, dits amants, qui ont le goût de se toucher.

Tes côtes broient et libèrent l’air de notre appétit, digne des plus grands dégénérés.

***

Je sens venir quelque chose, tu accroches ta main à mes cheveux et me regarde

avec des yeux de rapace amoureux.

La vérité qui est entre nous, n’est ni faite de rien, ni faite de personne,

mais faite de nous deux, tels que nous sommes, l’un dans l’autre ;

mais l’un sans l’autre, cette foutu vérité s’annule, ce qu’on sent comme un lâcher-prise est une chute dans le vide.

***

Je me fais du mauvais sang, j’en suis engorgée, j’ai le grain de la voix si âpre

qu’en parlant tout devient noir.

Du même noir qui est maintenant dans ton regard, le regard du chat qui tue.

Tu me relâche et me laisse tomber comme une lourde pierre sur son lit de pétrole.

Des fantasmes brûlants pleuvent sur nos peaux de carnassiers, et perlent dans le creux de nos enfers.

Je t’entend jouir, et me vois percée à jour, ta tête tombe dans l’écume de nos plaisirs nacrés,

en même temps que le voile aveuglant de l’extase sur mes yeux.

***

Plus un homme, plus une femme, plus une ombre…

Seul le toucher de la chair et du lait, avec lequel nous tentons de détruire l’inconstance à laquelle

nous sommes attachés, cette ignorance qui nous fait penser que nous sommes séparés, substantiels,

autonomes et vivants.

Nous pourrions être, pourvus que nous devenions fous à lier.

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