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Au bout de quatre jours à l’hôtel sans aucune visite d’Alenka ni de personne d’autre, je commence à m’ennuyer ferme… Pourtant je ne devrai pas me plaindre, c’est plutôt top, descanso total, hammam, jacuzzi, sauna, piscine, bon petit dej bien complet (joder, un des premiers matins ici, alors que je regardais tout ce qu’il y avait sur les tables, le serveur est venu me proposer du vin… j’ai dit, merci, mais quand-même à 9h du mat…). Mais c’est vrai qu’objectivement ça me fait un bien fou. Pour autant, depuis quelques jours je me repasse sans cesse dans la tête les événements des derniers mois, c’est dévorant, je suis inquiète, ça me travaille non stop, plus j’y pense, plus j’essaye de comprendre, plus je suis perdue… J’ai beau prendre mes antidépresseurs, écrire, ça calme à peine l’agitation de mon mental… Jean-Michel m’a collé une grosse tarte dans la gueule et j’ai un peu de mal à me regarder en face… Comment j’ai pu croire que j’étais enceinte… toute cette crise quasi-mystique, comment j’ai pu me construire un scénario pareil… La nuit j’ai la tête qui explose, je n’en peux plus de moi, j’ai envie de crier, por favor Chus, deja me en paz, je deviens folle, est-ce à cause de la dope et de cette putain de vie d’excès ?… Le sevrage psychologique ?… Presque toutes les nuits je me réveille à quatre heure du matin et je suis obligée de me prendre un anxiolytique pour pouvoir me rendormir une heure ou deux… Et puis ici… Qui suis-je pour ces gens, pourquoi sont-ils si intentionnés, pourquoi me donne-t-il, à moi, cette chance incroyable ?… Vale vale, c’est vrai, je suis prête, j’ai vraiment pris la bonne direction, je veux vraiment aller plus loin, c’est ce que j’ai toujours voulu, toujours su, je ne veux sentir la vie qui palpite en moi que par des transformations, des expériences radicales et nouvelles, des révolutions intimes mais aussi extimes, transcendantes intérieures et extérieures, c’est ça mon cheminent, ma voie vers la sainteté, ça doit être pour ça que je m’intéresse tant aux petits et aux grands mystères… que je cherche le chemin des khlysty et des skoptzy… des matrices périnatales… pero… o de otro modo… bueno…

J’en étais là de mes réflexions… quand une nouvelle situation s’est présentée à moi… Tout a commencé hier matin au petit dej. Comme tous les jours depuis mon arrivée je me suis levée tôt, je n’arrive pas à dormir au-delà du levé du jour de toute façon… j’ai pris une petite douche, fumé une clope au balcon en regardant la piscine, je me suis choisi une belle robe, et, maquillée et parfumée j’ai filé au petit dej. Comme chaque matin, il y a pas mal de monde, toujours dans les deux catégories claires qui se remarquent : les sportifs et les convalescents… La station de ski hors saison est une destination bien-être et repos. Tout le monde sans exception est habillé façon « pratique », beaucoup de leggins et beaucoup de survêts, et partout des vêtements larges, comme si les corps ici avaient perdu leur rôle social et n’existaient qu’au service d’un confort quotidien… Je méditais sur la question en dégustant mon petit-déjeuner copieux… Ah les codes vestimentaires, à Paris notamment, les français qui s’habillent en noir pour passer inaperçus et ne pas avoir l’air d’être sales, cette ambiance d’enterrement qu’il y a dans le métro… Ici, en montagne, ça n’a rien à voir, les gens sont habillés tellement différemment, il y a ce côté véritablement « Est » des familles de convalescents ou d’handicapés, dans les coupes et couleurs de cheveux aussi… Je pensais à tout ça en mangeant ma salade de fruit… tellement contente d’être loin des clans de hipsters de la ville, des ghettos, des clubs, des milieux fringues, de l’oppression des codes urbains… De pouvoir être moi-même et différente… Quand on y pense, se présenter, se comporter et agir de la même façon que les autres, voilà un processus qui permet d’être accepté plus facilement… Parce qu’au final, l’apparente similarité suggère des vues identiques et permet de se sentir en sécurité. C’est ça qui rassure… La pratique hautement ritualisée et temporelle des apparences et des panoplies codées… Et puis ce carnaval n’est pas simplement un instrument de synchronisation sociale… c’est aussi un système de classification et d’identification de strates sociales véritablement complexes… d’uniformités hiérarchiques… Tout ça c’est bien supérieur aux méthodes passives de marquage du bétail… parce que les modèles sont intériorisés par les sujets. Je pensais à tout ça, et puis je me disais que tout de même, dans le bien-être, c’est un peu pareil, je repensais aux familles Quechua en France… la panoplie sportive des loisirs ritualisés… où le style VTT fitness qu’on voit ici… La mode dégage l’image sympathique d’un système de cohésion de groupe agissant sur plusieurs niveaux, mais au fond, c’est un outil performant de domestication sociale… Enfin… j’aime aussi ça, me cacher derrière mes peaux multiples… Et puis, ici, ce qui domine ça reste le style « weekend pépé à la maison », les vieux chaussons dans la salle du resto le matin, le défilé de peignoirs spa bien-être… Bref, je préfère rester féminine, et dans ce contexte matinale, je me faisais remarquer facile, je le voyais bien, assise là tranquille, et tout le monde à me scanner discrètement du coin de l’œil… Et puis là j’ai remarqué ce couple de beaux quarantenaires, pédés de tout évidence, me regardant pas tout à fait pareil… Parce que quand je les regardais ils ne détournaient pas le regard ceux-là ! Le petit sourire malicieux du plus mince m’a d’ailleurs presque fait rougir, une chose est claire, ils m’ont bien calculé ces deux là… Ils ont du arriver hier soir et ils ont autre chose en tête que de se faire masser et passer les nuits à mater la télé… Ils sont en weekend sexe c’est évident… Le beau costaud aux cheveux gris est passé à côté de moi et m’a lancé un « hello » souriant… Ils ne m’ont pas seulement calculé la chatte je me suis dis, sans doute qu’ils m’ont bien repérée tout à l’heure à la réception alors que je demandais ma journée d’internet… sinon comment savoir que je n’étais pas…

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Le soir même je les ai retrouvé au hammam, et là, le costaud m’a abordé dans un français slovène très charmant, en disant quelque chose du genre « Bonsoir mademoiselle, si je peux me permettre, nous sommes un peu intrigués de votre présence ici, de toute évidence vous n’est pas comme les autres ». J’ai rigolé, permets-toi mon beau, pas de problème ! On a bien enchainé sur une longue conversation bien agréable, son copain ne parlait pas super bien l’anglais, encore moins le français, du coup c’était marrant d’être spectatrice de la traduction et actrice de la conversation… et puis son sourire malicieux… pas besoin de me parler si tu me regardes comme ca beau gosse ! Je ne leur ai pas dit la véritable raison de mon séjour, mais je suis restée près de la vérité, je suis artiste, espagnole, je visite le pays… J’ai fini par leur proposer de faire une séance photo, de poser, « plutôt dans votre chambre, vous serez plus à l’aise ». Hay vamos… La suite ? On a partagé un diner avec une bonne bouteille de vin, un bon moment… On est allé vers le bar, le vin était top, on a bu une autre bouteille du blanc local, doux, sec et quelque peu fruité… On est passé aux gin-tonics, mais c’était un peu n’importe quoi, du gin de basse qualité… des doses microscopiques… je veux dire, en France, c’est pas terrible, mais là j’ai fini par demander triple, car sinon, boire de la tonic parfumée au gin c’est vraiment pas mon truc… Enfin voilà comment on a fini, un peu pétés, dans la chambre de Damijan et Jure. J’ai pris mon appareil photo et quelques « accessoires » chez moi, mais franchement c’était pas la peine, en terme d’accessoires, ils avaient ce qu’il fallait…

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On est passé à la baignoire… Là c’était ma culotte léopard, puis de l’eau et encore de la chair… Le beau mince aime bien lécher, j’ai vite fait compris ça, il roulait des pelles de malade à son copain et passait sa langue sur tout son corps en lui reniflant sous les bras et entre les jambes… Ça chauffait ! J’ai vu le membre du costaud durcir sous son slip, mais je voulais garder le contrôle, continuer de les diriger, rester dans la photo soft, même si ça commençait à me déconcentrer tout ça… Du coup, j’avais un peu du mal à trouver l’iso, la vitesse, le diaphragme… pas mal de photos ratés, mais bon, je m’en foutais un peu à force de rentrer dans leur délire…

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On a tenté une troisième scène sur le lit, cette fois-ci avec un sèche cheveux, Jure s’est enroulé le câble autour de l’entrejambe… mais Damijan a sorti sa langue lascivement… puis la bite de Jure hors de son slip… je n’en pouvais plus !!! J’ai relevé ma jupe, j’ai commencé à me toucher, je les regardais, ils s’occupaient à peine de moi… j’ai posé l’appareil photo… je leur ai dit basta la séance photo, on verra le résultat demain, je les ai rejoint au lit, et là on est parti loin dans les caresses, on s’est sucé, léché, tripoté, mon petit beau gosse Damijan aime bien jouer avec ses doigts, pendant qu’il tenait fermement la bite de Jure dans sa bouche, il explorait profondément mon corps, j’ai pris sa bite dans ma main, grande et dure, puissante, je l’ai sucé, avec ma langue, du bas vers le haut, les couilles, la verge, le gland… Il se tortillait à fond, complètement abandonné à ce plaisir, et il avait déjà trois doigts dans mon vagin, très naturellement il me masturbait doucement d’une main, et avec l’autre, il me massait les seins, sans lâcher la bite qu’il tenait dans sa bouche, bien enfoncée jusqu’au fond. Il bavait comme un chien et moi ça m’a grave excitée, j’ai joui fort une première fois et j’ai eu envie de me faire enculer de suite, je voulais la double, mais Jure était déjà en train de préparer ses jouets… Je me suis retrouvée sur le côté, ils aimaient bien faire durer les salauds. Il s’est mis tout un tas de trucs en cuir, rien de très très hard, des ceintures, attachés à ses piercings, un petit fouet pour taper les fesses de Damijan. Ça a continué à sucer et à lécher, puis ils ont pas mal joué avec des sextoys vibro, dans la bouche et dans le cul, à se toucher et se masturber, et moi je me suis touchée comme une folle, un doigt dans le cul, trois doigts dans la chatte, j’ai transpiré, je suis montée loin, je voulais pas que ça se termine, mais d’un coup j’ai vu ce gros machin, un vibro « mega king size », Jure l’a enfoncé direct dans le cul de Damijan, comme s’il traversait du beurre, et là j’ai vu son corps se décomposer, ses jambes trembler, ses yeux ont tourné au blanc et il a fondu de sueur… Mais il a résisté à l’éjaculation évidente, il a descendu la vague pour recommencer encore plus fort… Tout ça m’a un peu perturbée, et soudain je me suis mise à penser à une performance de Ramon Churruca à Bilbao dans les années 90, où, après avoir procédé à un lavage méticuleux de son corps à l’aide d’une vieille éponge et d’un jet d’eau, il s’était enfoncé dans le cul une statuette de la vierge de taille bien considérable… Ça m’a complètement sortie du délire… Je suis sortie du lit et suis allée fumer sur la terrasse. La nuit était froide, mais j’ai préféré rester à poil, sentir dans mon corps le contraste avec le monde, j’ai jeté un coup d’œil à l’intérieure de la chambre, on aurait dit une fiction, un écran de télé placé loin, au fond d’une grande pièce vide et impersonnelle… J’ai pensé, même le sexe est mimétique, on ne fait que reproduire des conventions fantasmatiques prédéfinies… Sur le balcon, de mon côté de la vie, c’étaient les grenouilles qui régnaient avec leur rituel sexuel monotone et continu… Le reste c’était du silence… Je m’éloignais de la scène… Je me suis mise à penser à certaines espèces de lucioles de zones éloignées du Sud-Est Asiatique… qui s’illuminent au même rythme et à l’unisson… C’est tellement beau… Mes pensées du matin me sont revenues et je me suis dit que finalement les comportements humains se caractérisaient souvent par la synchronisation et le rythme… J’imaginais la planète entière baisant en rythme et à l’unisson… Un petit chat a traversé la cours de l’hôtel et s’est approché de la piscine, j’ai pensé, il ne vit que la nuit, là où il se sait gagnant, sécurisé et puissant… Ça m’a fait un flash, j’ai balancé ma cigarette par dessus le balcon, je suis rentrée dans la chambre, et là je me suis retrouvée spectatrice xxxxx d’une scène servie crue devant mes yeux, Jure sortant sa bite de son copain, complètement trempé de sueur, comme amaigri et en extase… son sperme dense recouvrant le torse de Damijan, de la hanche jusqu’au cou… Jure est tombé sur le lit, comme une poupée maltraitée et inanimée… aucun des deux ne faisait plus attention à ma présence… Je me foutais aussi complètement d’eux maintenant, j’ai pris mes affaires en deux secondes, je suis sortie dans le couloir, habillée qu’à moitié… Ma chambre n’était pas très loin, mais ce maudit couloir impersonnel de l’hôtel a été tout de même très long à traverser…

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