Home

Babalon

Je reprends un peu le blog aujourd’hui. Je me suis reposée ce week-end, vendredi j’ai eu un coup de blues après mon rendez-vous avec Laurent. Déjà que j’étais pas très bien après la transcription de Bugarach… J’avais même envie d’arrêter le blog.

Pourtant ça s’est bien passé au CAARUD. Enfin au début… Je lui ai dit que je n’avais pas bu d’alcool depuis dix jours, que je fractionnais bien la méthadone, que je tenais bien, mais que je n’arrivais pas trop à arrêter les anxiolytiques. Il m’a dit que c’était normal, que l’alcool à haute dose a un effet anxiolytique, mais qu’en pratique le meilleur anxiolytique et le meilleur antidépresseur au long cours c’est l’abstinence. Il m’a dit aussi qu’en temps normal les anxiolytiques sédatifs n’étaient prescrits que lors de la cure de sevrage, à doses dégressives, pendant deux semaines environ. Il pense qu’un mois d’abstinence devrait normaliser mon humeur, mais que les risques de rechute semblaient élevés vue ma polytoxicomanie et qu’il fallait mieux que je n’arrête pas tout en même temps, si je voulais éviter une dépression post-sevrage. Il m’a demandé ensuite si j’avais vu un médecin, je lui ai dit que non, il m’a dit que c’était vraiment urgent que je le fasse, qu’il ne comprenait pas pourquoi je ne l’avais pas déjà fait. Il m’a proposé de faire ça au centre, mais j’ai flippé et je me suis barrée en prétextant que non, je voulais pas, que de toute façon je comptais retourner en Espagne…

En remontant vers Max Dormoy j’ai pensé Chus, en fait oui, faut vraiment que tu rentres à Bilbao… J’étais un peu paumée… Il faisait froid et humide, parfois je déteste Paris, ça pue, c’est vraiment une ville moisie…

Comme si c’était pas suffisant, en rentrant j’ai ouvert l’ordinateur et là je suis tombée sur un email de Paul qui m’envoyait un article paru dans Vice sur Labanna Babalon, une jeune artiste californienne qui délire sur la grande pute de Babylone… Joder, c’était friki son interview. Au début elle me rappelait un peu ma jeunesse… J’ai regardé son facebook, son site, sa chaîne youtube, et là je me suis sentie vieille… Ma génération on était pas comme ça… sérieux, faut que vous alliez visiter ses pages ! Tout y passe, un bon bordel… La petite elle raconte qu’elle avait voulu faire le rituel de Babalon façon onguent des sorcières… Elle a pris un trip de LSD tous les jours pendant six jours, et le septième, elle en a inséré sept dans son vagin. Depuis la folle elle se croit en mission pour la grande cause de l’Amour et pense que grâce aux acides elle peut contrôler son ordinateur avec son vagin… Et puis elle est devenue une starlette du booty shake… J’imagine après s’être bourré le vagin de dope sans doute… Le booty shake version sorcière trash west coast… C’est pas du Babalon à la Jack Parsons et Marjorie Cameron… Elle raconte aussi des trucs bien incohérents… qu’on est coincé dans la quatrième dimension, qu’on n’a pas encore le vocabulaire adéquat pour parler de cinquième dimension mais qu’elle visualise ça comme la dimension de l’internet, où l’homme pourrait avoir accès à tout, sous la forme d’énergie pure, et où il pourrait voyager à travers les différents dimensions. Un peu comme une voile de l’esprit qui voyagerait de mondes en mondes et de dimensions en dimensions. Elle dit aussi que tout est devenu son contraire, que les chrétiens intégristes sont les satanistes, que l’homme devient femme, la femme devient homme, que la Grande Prostituée de Babylone est Jésus, que tout s’inverse pour que l’on puisse rentrer dans la fameuse cinquième dimension, une dualité décomplexée, que le Saint Hermaphrodite incarne les deux entités en même temps. Et puis alors son cul est le fruit de l’Arbre de Vie, et l’arbre en question c’est Internet, et le fruit défendu, c’est un ordinateur. Elle manque pas d’imagination… Rien que son histoire où la Motherbox est le vagin de la femme, et la Fatherbox un ordinateur, un objet crée par l’homme, cupide et haineux. La Motherbox est contrôlée par l’amour, et en rentrant dans la cinquième dimension, nous serions capables de vaincre la Fatherbox selon elle. Et là les femmes prendront le contrôle d’Internet et des composants électroniques grâce à leur semences féminines. Joder, ça a évolué le style californien pété au LSD…

Babalon2

Bref… j’étais bien retournée avec cette journée… Alors j’ai eu envie d’aller voir Francisco, mon ex. Je l’ai appelé et je lui ai raconté l’histoire de Laurent, de la Labanna Babalon… Il m’a dit olala t’as pas l’air bien ma chérie… Viens à la maison, on va se faire une soirée californienne à l’ancienne, se mater des vieux films, en plus j’ai récupéré un documentaire sur les Cockettes… J’ai enfilé mon manteau et je me suis pointée chez lui… Ouf.. On s’est fait une soirée tranquille, à se revoir des classiques du post-burlesque et du communudisme… Le documentaire sur les Cockettes c’était chouette, ça m’a remonté le moral, et puis dans la foulée on s’est revu Elevator Girls In Bondage (j’adore Rumi Missabu !), des passages de Pink Flamingos, et on a fini par Inauguration of the Pleasure Dome de Kenneth Anger, mais là j’étais crevée, j’ai pas tenu cinq minutes, je me suis endormie…

Publicités